Architecture

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"...ses yeux lui fournissent tout l'élément de son bien-être et il a remplacé l'ameublement par la fenêtre qu'il ouvre..."

Apogée

Quand l’occupation anglaise prend fin, une période faste (1450-1550) entraîne la construction de 700 manoirs dans le Perche. Au XVIème siècle, la surface moyenne des domaines est réduite et la taille du bâti adaptée en conséquence. La main d’œuvre locale - souvent les serviteurs - travaille sous la direction d’un maître maçon.

Soisay sort de terre autour de 1530.

Implantation et type de construction

Le manoir est le siège d’une exploitation destinée à valoriser les terres. Ce sont des bâtiments non défensifs à flanc de coteaux, situés près des sources et terres agricoles. Les tours, échauguettes et bretèches ont une valeur plus symbolique que défensive.

Les fondations sont réduites (peu de caves) et assurées par des blocs de grès roussard (pierre volcanique) également utilisés dans les chaînages d'angle. Le fruit* est pratiqué pour asseoir les murs. Pour la construction sont extraits pierres calcaires et sables ocrés des carrières locales, la terre cuite et le fer sont produits par les artisans de la région (nombreuses forges).

Les charpentes en chêne et en châtaignier issus des forêts des environs sont de belle facture.

Bâtiments annexes

Outre les bâtiments liés à l’exploitation (grange, étable, écurie, porcherie…) formant la basse-cour, sont édifiés en fonction des privilèges accordés aux propriétaires :

- la chapelle

- le colombier (ou la fuie) pour alimenter la table, le nombre de trous de boulins est fixé au prorata des surfaces exploitées (525 boulins à Soisay)

- le moulin à blé, à drap, à papier.

Les bâtiments destinés à l'usage du maître forment la haute-cour.

A Soisay, chapelle, colombier, fournil, logis du maître et du fermier étaient ceints d'un mur. Cette cour formait le pourpris**.

Evolution

Au XVIIème siècle, le regroupement des terres et donc l’extension des domaines (+300% en 100 ans) entraîne l’abandon des anciennes demeures laissées par les maîtres aux mains des fermiers (à Soisay vers 1640). Soisay sera repris au XIXème siècle par des notables de Mamers, au XXème siècle par une famille d'agriculteurs qui en exploite les terres.

*Le fruit (d'un mur) : diminution d'épaisseur donnée à un mur à mesure qu'il s'élève

**Le pourpris : surface délimitée par un mur appartenant à un seigneur, une congrégation